Chronique Trembler te va si bien de Wataya Risa

Yoshika est une jeune femme de 26 ans qui cherche sa place dans le monde. Rêveuse, elle nous fait partager ses incertitudes existentielles et amoureuses. Tour à tour drôle, lucide, parfois ingénu, Trembler te va si bien est un roman réjouissant.

Employée dans l’entreprise K.K au service comptabilité, Yoshika jongle avec les chiffres et les additions à longueur de journée. Elle vit seule à Tokyo et nourrit une passion peu commune pour les espèces animales éteintes. Dotée d’un sérieux sens de l’humour et d’un esprit affûté, elle nous raconte ses petites péripéties quotidiennes, comme le jour où elle manque de mourir quand sa couette prend feu, ou lorsqu’elle feint une grossesse pour avoir un congé longue durée. Surtout, la jeune femme est une grande rêveuse qui vit de souvenirs chéris, la tête dans les étoiles. Elle cogite non-stop sur son devenir et s’interroge sur ses aspirations. Il faut dire qu’avec deux « amoureux », il y a de quoi perdre le fil ! Entre Ichi, son amour de jeunesse idéalisé avec qui elle reprend contact, et Ni, « ex-sportif affublé d’un petit début de bidon propre au buveur de bière » qui lui fait sa déclaration, la jeune femme navigue en eaux troubles. Elle sonde son cœur, se cherche, se perd un peu aussi pour se rendre compte qu’on ne peut choisir unilatéralement qui sera l’homme de sa vie. Après Install et Appel du pied, tous deux édités par Philippe Picquier, la jeune romancière Wataya Risa quitte les bancs du lycée et nous propose une chronique faussement légère sur ces passages charnières que sont l’entrée dans la vie active et les premiers engagements amoureux. Ballottée entre son enfance passée et son désir de trouver un sens à sa vie, Yoshika livre pêle-mêle ses émotions brutes et ses réflexions tantôt lucides, tantôt joliment candides. Cette sensibilité où affleurent les contradictions est la force de ce roman à l’écriture fluide, sans paraphrases superflues. Mais ne vous fiez pas à l’apparente légèreté de Trembler te va si bien ! Derrière la voix singulière sourd un rejet des représentations sociales qui entravent l’émancipation et l’épanouissement de l’individualité.

Sarah Gastel Librairie Terre des Livres (Lyon)

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