Chronique N’Ba de Aya Cissoko

Sarah Gastel Librairie Terre des livres (Lyon)

Après son autobiographie Danbé, écrite à quatre mains avec Marie Desplechin (Points), Aya Cissoko rend un bel hommage à sa mère dans N’Ba, un portrait tout en délicatesse.

Savoir d’où l’on vient, tel est le fil rouge du nouveau roman de l’ancienne championne du monde de boxe. Et ce en racontant sa mère, N’ba en bambara, qui vient de mourir. Dans un flot de souvenirs, l’auteure revient avec une simplicité forte et bouleversante sur la vie de cette dernière, qui malgré une vie d’épreuves, garda toujours la tête haute et le verbe fort. Née au Mali, élevée dans la discipline et mariée à 15 ans, elle rejoint son mari en France au milieu des années 1970 et atterrit dans un studio d’à peine quinze mètres carrés. À travers des chapitres thématiques (« Tu frottes bien ! », « La France », ou encore « L’entremetteuse »), sont contés la solitude, l’éducation des enfants, le foyer de Montreuil, les discussions dans la langue du pays natal, mais aussi la perte d’êtres chers, l’attachement à la communauté et les gestes qui renvoient à la vie d’avant. L’enfance et la construction de l’identité de l’auteur sont aussi esquissées en creux. Immersion dans la diaspora africaine et portrait-hommage à la mère qui s’est assumée envers et contre tout, N’Ba constitue un retour passionnant sur les femmes d’Afrique, piliers de la famille, même loin de chez elles.

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