Dossier Thérèse et Isabelle de Violette Leduc

Éclipsée par des contemporains passés à la postérité (De Beauvoir, Sartre, Genet…), peu de gens lisent encore Violette Leduc. Une injustice que quelques initiés tentent de réparer en mettant en avant cette femme et auteure d’exception.

Violette Leduc est née en 1907 à Arras. « La bâtarde », fille d’un riche bourgeois qui ne l’a jamais reconnue et d’une femme modeste, mère « asphyxiante », qui l’éduque dans la haine de cette gente masculine encline à malmener les femmes, n’a eu de cesse de faire de sa vie un « procès radical de la structure familiale ». Cette vie atypique est racontée de manière très personnelle dans la biographie de René de Ceccatty, parue pour la première fois en 1994 et qui ressort ces jours-ci augmentée d’une préface. Il y explique son rôle dans l’écriture, aux côtés de Marc Abdelnour, du scénario du film Violette de Martin Provost, sorti en salle le 6 novembre. Le réalisateur et l’écrivain se sont rencontrés lorsque Martin Provost tournait Séraphine. Le projet d’une trilogie autour des femmes singulières, aussi bien pour leurs créations que pour leur vie, vit alors le jour. Si le film n’évoque que quelques années de la vie de Violette Leduc, la biographie de Ceccatty la parcourt entièrement. Faite d’allers-retours entre la vie du biographe et celle de l’auteure, la construction du texte se veut volontairement atypique et fragmentée, à l’image de l’œuvre de Violette Leduc. Quatre de ces textes font l’objet d’une remise en avant : L’Affamée, hommage sublime, lettre d’amour à Simone de Beauvoir qui contribua à faire connaître Violette Leduc du grand public en préfaçant La Bâtarde, autofiction bouleversante qui frôla le prix Goncourt ; mais aussi Thérèse et Isabelle (Folio), ode magnifique aux rapports saphiques, partie tronquée de Ravages lors de sa première publication en 1955, par peur de la censure, et qui marque les premiers jalons de la révolution sexuelle des années 1970. René de Ceccatty évoque une autre biographie, plus classique, celle de Carlo Jansiti, publiée chez Grasset. L’auteur rencontra de nombreuses relations de Violette Leduc et eut accès à quantité de documents personnels. Gageons qu’avec tout cela, le projet de (re)découverte de l’œuvre de cette femme hors du commun se réalise. 

AURÉLIE JANSSENS, Librairie Page et Plume, Limoges

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