Littérature française

Colin Niel

Le Septième Siffleur

✒ Linda Pommereul

(Librairie Le Failler, Rennes)

Après le succès de romans noirs ancrés dans les territoires comme la Guyane - Darwyne ou Seules les bêtes - Colin Niel revient pour cette rentrée avec une véritable ode à la nature et à sa préservation, Le Septième Siffleur.

À travers trois récits de filiation et de transmission unis par un même fil conducteur, la protection du Courlis, un oiseau migrateur en voie de disparition, Colin Niel tisse une fresque poétique et politique qui s’inscrit pleinement dans la veine du Nature Writing. Dans ce récit intense, cet ancien spécialiste de la biodiversité nous propose un sujet certes d’actualité mais surtout une fresque romanesque pleine d’humanité et de doute grâce à une écriture complètement immersive, empreinte d’une profonde empathie envers les personnages et les paysages qu’il décrit. Les Highlands écossaises, les marais de la baie de Somme ou les lagunes marocaines deviennent des personnages à part entière, sublimes mais à l’avenir plus qu’incertain. En Écosse, Tormod et sa femme Fiona tentent désespérément de garder leur exploitation familiale malgré l’endettement. Dans la Somme, un père chasseur espère transmettre à son fils son goût pour la chasse au gibier d’eau. Et dernier arrêt au Maroc où un oiseau que l’on pensait éteint va changer les relations entre un père et son fils.  Il n’y aura pas de leçon, seulement des hommes et des femmes qui doutent, fragilisés par des quotidiens compliqués. Pourtant le sifflement du Courlis se fera entendre et inversera les situations. Fiona s’opposera à son mari et offrira un refuge à notre limicole en danger. Notre chasseur après une aventure malheureuse portera un autre regard, tandis que le jeune Hamza découvrira un trésor … Outre l’aspect écologique, Colin Niel nous offre un récit ambitieux, saisit les lignes de fracture de ses personnages en pleine crise existentielle sans jugement ni pathos, seulement confrontés à des choix. Et n’oublions pas notre voyageur, le Courlis cendré qui par-delà les nuages nous rappelle que la légende des « sept siffleurs » n’est peut-être que le symbole de notre propre aveuglement.

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