Chronique Personne ne me verra pleurer de Cristina Rivera Garza

Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Dans ce roman envoûtant, Cristina Rivera Garza explore l’univers de deux exclus, Joaquin et Matilda, personnages ambivalents, fascinants et troublants.

Personne ne me verra pleurer est un texte riche, précieux, qui semble appartenir à une autre époque et se colore d’un charme suranné. Le roman de Cristina Rivera Garza se lit avec une certaine fébrilité et beaucoup d’émotion, car il relate le destin de personnages singuliers auxquels on s’attache dès les premières pages. 26 juillet 1920, asile La Castaneda de Mexico, le photographe Joaquin Buirago, riche héritier morphinomane est bouleversé par son modèle, Matilda Burgos. Fascinante et troublante, elle devient l’objet de toutes ses obsessions. Il se met à fouiller son passé et découvre qu’il l’a rencontrée quelques années auparavant dans une maison close, alors qu’il menait une enquête sur les prostituées. À l’époque, Matilda Burgos venait de quitter les champs de vanille pour tenter sa chance dans la capitale. Des usines de cigarettes à la prostitution, elle connaîtra le pire autant que les douceurs de la vie d’une femme. Les souvenirs et les réflexions de Matilda et de Joaquin se croisent et se répondent pour donner à ce texte une silencieuse musicalité poétique. Par la grâce d’une écriture magnétique, Cristina Rivera Garza construit un formidable roman d’une folle et sombre beauté.

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