Chronique L’Oiseau, le goudron et l’extase de Alexander Maksik

  • Alexander Maksik
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sarah Tardy
  • Coll. «NULL»
  • Belfond
  • 01/02/2018
  • 464 p., 21.50 €
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Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Une réflexion sur les obligations familiales, le passage fulgurant de la jeunesse à l’âge adulte, les désordres mentaux. Le lecteur sera saisi par l’intensité émotionnelle dégagée par ce roman hypnotique.

Après Indigne (Rivages) et La Mesure de la dérive (10/18), finaliste du prix du meilleur livre étranger, Alexander Maksik nous revient avec un roman fascinant. Un électrochoc littéraire qui promène le lecteur dans les zones d’ombre et de lumière des troubles mentaux. Le roman est constitué de courts chapitres qui fonctionnent comme des accélérateurs. Un rythme fluide presque vertigineux qui emporte le lecteur dans les fragments de l’histoire que raconte notre narrateur, Joseph March. « Pendant l’été de 1991, ma mère a battu un homme à mort avec un marteau » et « je suis tombé amoureux de Tess Wolff ». « Aujourd’hui bien des années plus tard », sa mère est décédée et il attend le retour de Tess. Il s’adresse directement au lecteur comme pour authentifier les faits et s’assurer du soutien de celui-ci jusqu’au dénouement final. Seulement, dans les romans d’Alexander Maksik, rien ne se passe comme prévu. Alors qu’il venait d’obtenir son diplôme, la porte d’entrée vers de nouveaux projets, sa mère va purger une peine de prison pour meurtre. Obligé de déménager pour accompagner son père dans cette dure épreuve, Joseph voit ses rêves lui échapper. Son destin bascule le jour où la maladie fait son apparition. « Soudain, elle est entrée en moi. S’est posée. Elle prend différentes formes, notamment celle d’un oiseau qui lui perfore les poumons. Elle gangrène son esprit et s’insinue peu à peu dans ses veines. Le goudron s’épaissit jusqu’à l’étouffer. Alexander Maksik excelle à évoquer ce trouble entre dépression et mélancolie, mais aussi cette soif de l’autre. De l’amour, exclusif, parfois silencieux mais toujours excessif au risque de faire peur, d’être incompris, abandonné. Un texte sublime et poignant, à la musique sensuelle proche de l’extase tant le lecteur perd ses repères dans cette étrange histoire d’amour qui emportera Joe au-delà de ses responsabilités envers sa famille mais surtout à l’égard de Tess.

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