Chronique Et ne reste que des cendres de Oya Baydar

  • Oya Baydar
  • Traduit du turc par Valérie Gay-Aksoy
  • Coll. «NULL»
  • Phébus
  • 20/08/2015
  • 576 p., 25 €
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Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Dans ce livre puissant et profond, Oya Baydar rend un vibrant hommage à une génération sacrifiée qui a osé s’opposer à la violence et à la dictature. Un texte à couper le souffle, aussi remarquable qu’émouvant.

Le livre commence dans la salle d’une morgue parisienne. Ulkü Oztürk, journaliste, est venue identifier le corps d’Arin Murat, un diplomate turque assassiné d’une balle dans le dos. Attentat ou crime crapuleux, Ulkü se retrouve en salle d’interrogatoire car elle a vu Arin la veille au soir. Pourquoi cette rencontre après tant d’années de silence ? Arin était à Paris pour sensibiliser l’opinion publique aux changements politiques et à l’ouverture de son pays sur l’Europe, afin, surtout, de favoriser son entrée dans l’Union européenne. Cet homme, elle le connaît à travers l’Istanbul de ses 18 ans et le Paris de ses 25 ans. Militante communiste, elle a connu les brimades d’une arrestation violente. Elle a affronté la torture. Emprisonnée, puis relâchée, notamment grâce à l’intervention discrète d’Arin, elle a fui son pays pour s’exiler à Paris en tant que réfugiée politique. Elle le connaît pour la révolte, les espoirs, la trahison. Elle le connaît aussi par son enthousiasme retenu et « sa façon furieuse et passionnée de faire l’amour ». Oui, elle le connaît, car ce corps allongé sur un matelas métallique, c’est son premier amour, un amour qui a traversé le temps et les épreuves. Le deuil d’Arin est le temps de ce récit éblouissant qui raconte la tragédie d’un peuple en proie à la révolte, mais aussi les tragédies individuelles. Issue d’un milieu modeste, sa mère souhaite un beau mariage avec un haut-fonctionnaire. Mais elle n’appartient pas au même monde qu’Arin. Partagée entre raison et passion, elle vivra vingt-cinq ans dans l’absence de cet homme. Elle finira par se marier à Olmer, qui lui fera le plus beau des présents. La voix forte et puissante d’Oya Baydar témoigne des rêves anéantis et des révolutions impossibles dans la Turquie des années 1970. Un hymne contre l’oppression et la violence.

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