Chronique Mâcher la poussière de Oscar Coop-Phane

Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Découvert à 24 ans avec un premier roman fort prometteur, Oscar Coop-Phane restitue ces temps fragiles de l’existence portés par des personnages qui sont autant de souvenirs mélancoliques d’une époque révolue.

Après l’insaisissable et singulier Zénith-Hôtel (Finitude, prix de Flore 2012), Oscar Coop-Phane revient sur la scène littéraire avec un somptueux quatrième roman, Mâcher la poussière, une méditation tragique qui explore avec subtilité le cœur des hommes mis à nu. Le baron Stefano vit enfermé dans un hôtel luxueux, assigné à résidence par la mafia, depuis qu’il a tué le neveu d’un parrain. Homme de noble condition et riche propriétaire, il ne peut être tué sans que cela ne provoque des remous, d’où cet isolement forcé. Dans l’univers feutré de ce palace décrépi, le baron déambule et trompe l’ennui grâce à la présence du personnel. Du barman héroïnomane qui veut ouvrir son propre bar, à la jeune femme de chambre qui rêve d’indépendance, tout une galerie de personnages virevolte autour de notre homme parfois perdu dans les brumes de l’alcool ou de la drogue. Oscar Coop-Phane tisse avec habileté ces destins qui font la trame de ce récit évanescent et envoûtant. Ce texte ambitieux sublime le spleen de notre prisonnier maudit qui accepte cet exil tel un héros de tragédie. Comment ne pas être subjugué par ce travail d’orfèvre, héritage complice des lectures de Bove, Calet ou d’un certain Raymond Roussel ?

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