Chronique Le Jardin de l’aveugle de Nadeem Aslam

  • Nadeem Aslam
  • Traduit de l’anglais par Jean Demanuelli et Claude Demanuelli
  • Coll. «Coll. « Cadre vert »»
  • Seuil
  • 22/08/2013
  • 416 p., 22.50 €

Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Après deux textes salués par la critique, La Cité des amants perdus et La Vaine attente (Seuil 2006 et 2009), Nadeem Aslam publie Le Jardin de l’aveugle, roman vertigineux et tragique qui explore le passé sanglant de l’Afghanistan.

Le nouveau roman de Nadeem Aslam est d’une ampleur à couper le souffle. Imprégné de ses différents voyages au Pakistan et en Afghanistan, il évoque l’histoire récente de ces pays et notamment la guerre entre les talibans et les États-Unis. Un texte violent et cruel qui montre l’horreur du conflit. Octobre 2001, Jeo et son frère adoptif Mikal quittent le Pakistan et leur famille. Ils rejoignent l’Afghanistan afin d’aider les victimes de la guerre, laissant au pays un père ancien directeur d’école que les musulmans intégristes ont évincé. Veuf inconsolable, il trouve du réconfort dans la contemplation de son magnifique jardin. Naheed, l’épouse de Jeo, reste auprès de ce père qui assiste avec affliction à l’effondrement de son monde. Les deux frères sont rapidement dépassés par les événements et la violence. Séparés, ils subissent bientôt la cruauté des seigneurs de guerre et la pression des plus fanatiques. Le Jardin de l’aveugle n’est pas une simple dénonciation des ravages provoqués par la guerre, c’est d’abord et surtout un récit lumineux et onirique sur la destinée d’hommes de bonne volonté rattrapés par ce cauchemar enfanté par les hommes. Le récit alterne entre horreur et lyrisme, violence et contemplation. Un texte splendide qui brosse un tableau terrifiant d’un conflit où l’implication des gouvernements et la pression des chefs de guerre incitent des jeunes gens à se livrer au djihad. Un texte sans concession, un récit éclairé, riche, puissant et dense, hommage aux valeurs de ce vieil homme qui espère le retour de ses fils et de la paix. On ne peut se détacher de l’image de Rohan, vieillard serein qui contemple son jardin alors qu’il est sur le point de devenir aveugle et qui sait que le sang des innocents compte peu face à la folie des hommes. Le Jardin de l’aveugle est un texte engagé et enragé d’une maitrise exceptionnelle.

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