Chronique Le Paradis entre les jambes de Nicole Caligaris

Linda Pommereul Librairie Doucet (Le Mans)

Le 11 juin 1981, Issei Sagawa commet un meurtre suivi d’actes de cannibalisme sur l’étudiante Renée Hartevelt. Nicole Caligaris, témoin indirect de l’événement, revient sur l’affaire.

Lecteurs en mal de sensations malsaines, passez votre chemin car vous serez déçus ! Qui se souvient du fait divers baptisé « L’affaire Issei Sagawa », du nom de cet étudiant japonais féru de littérature qui, après avoir tué sa camarade d’études, se délecta de sa chair. Suite à son internement, Nicole Caligaris échange une brève correspondance avec Sagawa, qui lui fait découvrir un texte essentiel de la littérature japonaise (et universelle) : Éloge de l’ombre. Trente années auront été nécessaires à l’auteur pour digérer le texte de l’écrivain japonais et pour en tirer ce roman. Trois décennies au cours desquelles Nicole Caligaris est allée puiser son énergie dans le retour sur soi. Pour ne pas simplement se contenter de décrire, mais comprendre comment cet acte s’inscrit dans la société, il faut descendre en soi. Ce roman devient un acte littéraire qui met en écho l’acte d’Issei Sagawa avec nos représentations culturelles. La référence au texte de Tanizaki fait écho aux réflexions de Caligaris sur le corps féminin, objet de fascination autant que de répulsion, et même de dégoût quand elle évoque les menstruations ou l’acte sexuel. Un texte très littéraire, dans lequel on retrouvera des affinités avec les œuvres de Bataille ou de Guyotat.

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