Chronique Au commencement du septième jour de Luc Lang

  • Luc Lang
  • Coll. «Coll. « La Bleue »»
  • Stock
  • 24/08/2016
  • 544 p., 22.50 €

Béatrice Putégnat Librairie Lamartine (Paris 16e)

Tout commence un dimanche, dans la nuit. Un coup de fil et la vie de Thomas bascule. Ses certitudes s’effondrent les unes après les autres. Qu’est-ce qu’une vie réussie quand elle est construite sur du vent ? Thomas va faire l’apprentissage de la vraie vie et ouvrir les yeux, entre épreuves et vérités.

Allez j’ose... Au commencement du septième jour est un roman... majeur ! Entre suspense, saga familiale et quête de soi, entre Paris, Le Havre, les Pyrénées et l’Afrique noire, Luc Lang offre un roman haletant, ambitieux dans sa construction en trois parties s’ouvrant chacune sur une ellipse. Il traque au plus près la déambulation d’un homme empêtré dans ses contradictions, les secrets de famille, la réussite sociale, l’amour pour ses proches. Thomas est aveuglé et Thomas s’est aveuglé tout au long de sa vie. Il va ouvrir les yeux. Petit à petit. C’est juste et magnifique. Tout commence un dimanche, dans la nuit. Le septième jour de la création. Celui où l’on ne fait rien mais où tout peut arriver. Thomas est bien installé dans sa vie. Une belle maison, une femme, deux enfants, un travail de concepteur de logiciels de contrôle en temps réels dans une start-up où il a le vent en poupe. Il maîtrise sa vie, il conçoit des outils pour mesurer, « espionner » celle des autres. Il incarne une vie contemporaine, une vie réussie. Mais lorsqu’un coup de fil de la gendarmerie lui apprend que sa femme, Camille, est dans le coma après un accident sur une petite route normande, son monde s’écroule. Que faisait-elle là, à 4 heures du matin ? Alors qu’elle aurait dû rentrer à la maison pour les enfants, pour leur anniversaire de mariage. Les questions taraudent Thomas. Son monde s’écroule, comme par un effet domino. Il va devoir faire face à la maladie, à l’absence, aux questions des enfants. Mari, fils, frère, père, tous ses rôles volent en éclats. Il doit apprendre la vérité sur lui-même et sur le monde qui l’entoure, trouver la force de continuer avec Anton et Elsa, ses enfants. Second temps. Camille n’a a pas survécu. Thomas retrouve son frère Jean, qui a fait un choix de vie différent en reprenant l’élevage paternel dans les Pyrénées. Très vite, on comprend que Jean est détenteur d’un secret de famille avec sa sœur Pauline, partie au Cameroun comme médecin humanitaire. Ensemble, ils ont protégé Thomas. Celui qui contrôle n’a jamais rien su des flux souterrains qui ont dicté à Jean et à Pauline leurs choix. Qu’est-il réellement arrivé à leur père ? Qui était-il ? Comment et pourquoi Aurèle est-il mort ? Les passages dans les Pyrénées sont magnifiques. La montagne est un personnage à part entière qui suscite pensées, réflexions et actions. Troisième partie : Thomas rejoint Pauline en Afrique. Un séjour en forme d’initiation et de pacification dans un Cameroun où l’arbitraire, la misère, l’instabilité politique et la guerre menacent la vie et la liberté de chacun. Thomas y trouvera pourtant une forme d’apaisement, la force de revenir. Au commencement du septième jour nous promène aux confins de l’âme humaine, dans des paysages, des lieux, une géographie qui permettent le déploiement de l’écriture. Chaque traversée des paysages éclaire une facette de l’histoire intime d’un homme d’aujourd’hui, illustrant la condition humaine actuelle. Une trilogie des confins contemporaine, géographique et métaphysique. À lire absolument. ◼

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