Chronique Le Presbytère de Arianne Monnier

Béatrice Putégnat Librairie Les Cyclades (Saint-Cloud)

Il faut absolument que ce texte circule. Mais le sujet est terrible, l’atmosphère glauque et oppressante, l’écriture heurtée, blessée. Il évoque les débuts de la judiciarisation des abus sexuels sur enfant. Dans les années 1970, un jeune couple emménage dans un ancien presbytère. Quatre enfants naissent et grandissent entre une mère perdue dans ses mondes intérieurs et un père autoritaire, violent, un peu gourou. Ils accueillent Tanguy, ado maltraité. Il abusera des enfants. Tout se joue dans le monde clos de la grande maison entre confusion, souffrance et culpabilité. Les faits sont glaçants, rendus à hauteur d’enfant. Lorsqu’ils sont portés devant la justice, c’est le déni. La dernière partie est magnifique avec les voix des deux filles. Manon crée des robes, « des matières et des formes concentrées à relier ce qui se présente désuni ». Alice photographie, filme, écrit leur histoire : « L’horizon s’ouvre alors ; en dessous, la terre du jardin et des alentours, renouvelée, commence à raconter ».

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