Chronique Le Chien rouge de Philippe Ségur

Béatrice Putégnat Librairie Les Cyclades (Saint-Cloud)

Un roman-gigogne grinçant, délirant, conjuguant les affres existentielles d’un certain Peter Seurg (dont le patronyme dissimule sans grand peine celui de l’auteur !) et une critique virulente et déjantée de la société actuelle. Un tour de force où la mauvaise foi introspective du narrateur fait émerger la part la plus sauvage de lui-même. Muselé depuis l’enfance par une éducation bien-pensante et normative, Peter Seurg explose, se lançant avec l’énergie du désespoir et de la dépression dans les drogues et l’alcool. Il largue tout : l’amour, la position sociale, les valeurs inculquées… Un roman habile et érudit qui joue au chat et à la souris avec son auteur et avec les lecteurs. Le Chien rouge est le titre d’un manuscrit laissé par Peter Seurg à un ami peintre avant sa disparition. Il est construit comme Le Loup des steppes de Hermann Hesse, convoqué à plusieurs reprises par Philippe Ségur. L’écriture, peut-être, comme seule trace possible des apories existentielles sur l’être et le sens de la vie.

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