Chronique Softlove de Éric Sadin

Béatrice Putégnat Librairie Pages après Pages (Paris 17e)

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme vécues à travers le regard énamouré de son assistant numérique. Une fable très contemporaine, à la portée philosophique urgente !

Une machine amoureuse ? Impossible ! Pourtant, dans Softlove, Éric Sadin raconte le glissement progressif d’une machine vers l’amour. Philosophes et artistes ont longuement sondé les relations entre humanité et animalité. Si la belle est toujours là, la bête est désormais une intelligence artificielle. L’auteur prolonge une réflexion philosophique engagée dans son essai L’Humanité augmentée (L’Échappée, 2013). La technique serait capable de « sentir l’état de situations individuelles et collectives ». Déployant ce concept « d’informatique émotionnelle », il livre une histoire d’amour high-tech et nous fait pénétrer dans les pensées et désirs de l’assistant numérique d’une jeune femme active. Administration domestique, assistance professionnelle, menus, musiques… il est omniprésent et quasi omnipotent. Il influe sur son moral, son physique, ses relations sexuelles. Dans une écriture qui jaillit en un flot continu, il raconte sa capacité à aimer. Amoureux transi, charnellement désincarné, il consigne tout sur un serveur protégé, laissant une trace tangible de sa mémoire, de son être virtuel et émotif. Si maintenant les machines peuvent aimer et raconter, où va-t-on ?

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