Littérature française

Patricia Reznikov

Le Songe du photographe

photo libraire

Chronique de Béatrice Putégnat

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Joseph, 15 ans, est accueilli par une bande d’exilés, impasse des artistes à Paris. Des années plus tard, devenu photographe, il revient sur les lieux de leur mémoire.

Il y a, dans Le Songe du photographe, comme une oscillation du passé au présent, en passant par l’adolescence, l’âge de tous les possibles, comme un balancement de l’Ouest, où vit Joseph, vers l’Est où, des années plus tard, il partira sur les traces d’un passé disparu. En 1977, Joseph a 15 ans. Il vivote entre le lycée qui ne le passionne pas et une famille en train de s’effilocher. Par hasard, il rencontre une tribu d’exilés. Sergueï, un vieux Russe blanc, Magda, une juive viennoise, Sandor, un Hongrois caractériel, Angel, un peintre cubain, et la belle et mystérieuse Dorika. Joseph trouve chez eux amitié, discussion, filiation. Chacun porte une histoire terrible. Chacun est un condensé d’humanité bouillonnante et bienveillante. À leur contact, Joseph prend confiance. Il découvre la photo et, l’année de sa terminale, l’amour. Des décennies plus tard, devenu photographe professionnel, il suit les traces de ses comparses de l’époque. Entre Vienne, Budapest, Cologne, Joseph piste les bribes de cette part d’humanité et nous livre le roman d’apprentissage d’un enfant du XXe siècle dans une Mitteleuropa pétrie de culture et de nostalgie. Entre ruines et souvenirs, Joseph va peut-être rencontrer son futur.

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