Chronique Sauf les fleurs de Nicolas Clément

Béatrice PUTÉGNAT, Pages après pages (75017 Paris)

Nicolas Clément plonge le lecteur dans la vie intérieure de Marthe : un récit de 80 pages au style singulier et intense, en forme de huis clos familial à l’issue fatale.

« Nous étions une famille de deux enfants, plus les parents ». Dès la première phrase, le lecteur est absorbé par un univers pétri de quotidienneté décalée, presque fantasmatique, artificielle, comme s’il y avait la norme, l’image que renvoient les personnages au monde qui les entoure, et la réalité, profondément brutale, vécue par Marthe. L’originalité de ce premier roman se situe dans le style. Il colle aux mouvements d’âme de la narratrice et évolue avec l’âge. Marthe a 12 ans, 16 ans, 19 ans… Marthe raconte son quotidien à la ferme entre Garonne, la vache, l’école, le petit frère Léonce. Mais au cœur du logis, le père s’est transformé. De prince charmant, il est devenu ogre et tortionnaire. La mère encaisse, fait écran pour protéger les enfants. La violence emprisonne la famille dans un huis clos tragique. Jusqu’au coup de trop… Marthe part vivre à Baltimore avec son bel amour, étudie le grec ancien, mais quand elle rentre pour assister à la reconstitution du drame, la fatalité la guette. Sauf les fleurs est une tragédie à l’écriture à la fois terrienne, poétique et sensuelle. Une pépite sombre et belle. « À présent place aux choses, palpez comme tout commence » et… Lisez-le !

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