Chronique J’ai un tel désir de Françoise Cloarec

Béatrice Putégnat Librairie Les Cyclades (Saint-Cloud)

L’une l’autre, l’une et l’autre, l’une est l’autre. Marie Laurencin et Nicole Groult, tendues dans le même désir par un échange de regards qui dit l’élan des corps et des cœurs : la photo est douce et provocante à la fois. Des tons sépia et une gestuelle amoureuse : deux bouches se reconnaissent, défient les conventions. Comme pour Séraphine ou Marthe Bonnard, Françoise Cloarec nous fait entrer dans la peau et la tête, non pas d’une femme, mais de deux femmes éprises l’une de l’autre. De la Belle Époque au début des années 1920, à la naissance de la première fille de Nicole, une certaine Benoîte Groult. Avec elles, toute une époque revit : Apollinaire qui « prend beaucoup de place », Picasso au Bateau Lavoir, Picabia, Paul Poiret, les guerres... Les uns écrivent, d’autres peignent, créent, meurent aussi. Ils seront amis, amants. Marie Laurencin et Nicole Groult seront avant tout des femmes libres, modernes, deux créatrices dont l’entente durera toute la vie et pas seulement le temps d’un été indien.

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