Chronique Un fauve de Enguerrand Guépy

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Béatrice Putégnat Librairie Lamartine (Paris 16e)

Enguerrand Guépy raconte les dernières heures de Patrick Dewaere. Alors qu’une nouvelle chance s’offre à l’acteur, « le fauve » erre dans une jungle devenue hostile.

Un fauve est un livre qui vous prend à rebrousse-poil. Dès le début, on sait comment cela va finir. Et on ne veut pas de cette fin. Toute l’habileté d’Enguerrand Guépy est de faire ressentir cette tension dramatique et fatale. Il nous fait entrer dans l’esprit de l’acteur confronté à ses démons les plus sombres, alors qu’un nouveau rôle s’offre à lui, une nouvelle chance. Il était beau, doué. L’un des acteurs les plus brillants de sa génération. Un diamant affûté et dérangeant face à un Gérard Depardieu plus rond et consensuel. Un peu notre James Dean à la française. La fureur de vivre dans le Paris des années 1970. Dix ans qu’il attend ce moment, un rôle taillé pour lui. Celui de Marcel Cerdan, une légende disparue prématurément. Pour incarner le boxeur, Patrick Dewaere se prépare depuis des mois. Régime draconien, pas de drogue, pas d’alcool, et un entraînement digne de celui d’un champion. Ce rôle va le remettre en selle. Après un déjeuner avec l’équipe pendant lequel il reçoit un coup de fil (sa compagne le quitte), il rentre chez lui en taxi. Le spleen l’envahit. L’écorché vif n’en peut plus, « son ennemi a exactement le même visage que lui ». Dans la jungle de la vie, un fauve est mort… un après-midi de juillet ordinaire.

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