Chronique Les Départs exemplaires de Gabrielle Wittkop

Par Béatrice Putégnat Librairie Pages après pages (Paris 17e)

Perles noires, plantes vénéneuses et envoûtantes, les nouvelles de Gabrielle Wittkop crissent de folie, de mort et de déchéance. Gothique, romantique et esthétique en diable !

Un mystérieux monsieur T. qui disparaît corps et âme dans la jungle, un fait divers atroce retraçant la lente agonie d’une jeune fille délicate presque emmurée vivante dans une tour et sujette aux affres du délire et de la déchéance physique, une plongée dans la nuit et la folie... Les Départs exemplaires laissent dans la bouche un goût d’amertume et de beauté. Savourer ces cinq nouvelles, c’est absorber un sombre venin qui révèle la noirceur de l’âme humaine, l’absurdité de la vie. Errance, tromperie, folie, mort, métamorphoses, la chute de chacun des protagonistes est inéluctable. Rien ne peut les sauver. La mort et la perdition les guettent au détour des situations les plus enviables, des promesses de vie les plus chatoyantes. Les contes cruels de Gabrielle Wittkop sont empreints d’une étrange beauté, d’une esthétique morbide influencée par Sade, Poe et quelques autres. Ils conjuguent passions exacerbées, ambiances gothiques et fantastiques, mises en scène glaçantes dans une langue où se mêlent luxe, apparat, sang et pourriture. À croquer comme une belle pomme rouge offerte par une sorcière, dont le verbe magique ensorcelle. Effrayant et fascinant, le ver est toujours dans la pomme.

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