Chronique Pigeon, vole de Melinda Nadj Abonji

  • Melinda Nadj Abonji
  • Traduit de l’allemand (Suisse) par Françoise Thoraille
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque allemande »»
  • Métailié
  • 23/08/2012
  • 238 p., 20 €

Par Béatrice Putégnat Librairie Pages après pages (Paris 17e)

Melinda Nadj Abonji narre avec truculence et tendresse le quotidien de deux sœurs, émigrées en Suisse après l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et leur départ de Voïvodine.

Comment se construire une identité, une vie quand on laisse derrière soi un pays, une culture, une langue, des êtres chers ? Dans ce roman en partie autobiographique, Melinda Nadj Abonji raconte l’exil et l’intégration de la famille Kocsis en Suisse. Il faudra aux parents force, patience et humilité pour réussir à ouvrir leur propre restaurant malgré les préjugés et les incompréhensions. Les deux filles, Nomi et Ildiko, vont construire leur liberté et leur modernité tout en découvrant avec saveur l’histoire familiale, tantôt dramatique, parfois burlesque, toujours pleine de saveurs grâce à la langue imagée et pleine de goûts, d’odeurs et de couleurs de la narratrice. Son écriture énergique et directe réconcilie souffrance, nostalgie et présent. Les sœurs jouent avec les sonorités du nom Tompa, poste-frontière entre la Hongrie et la Serbie. Les parents sont transformés lorsqu’ils parlent hongrois, leur langue du cœur. Le serbo-croate est interdit à la maison, mais est la langue de Dalibor, l’amoureux de Nomi. Entre tourmente géopolitique et saga familiale, Nomi se forge avec bonheur une personnalité complexe mais sereine. Un peu grâce aux mots, à l’écriture.

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