Chronique Le Dernier Message de Sandrine Madison de Thomas H. Cook

  • Thomas H. Cook
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc
  • Coll. «Coll. « Seuil Policiers »»
  • Seuil
  • 06/12/2021
  • 400 p., 21 €

Béatrice Putégnat Librairie Pages après Pages (Paris 17e)

Que disent les morts sur nous-mêmes, sur nos renoncements, nos petites lâchetés ? Lors du procès pour le meurtre de sa femme, Samuel Madison plonge dans les abîmes de sa mémoire. Car il faut parfois tuer une part de soi pour revivre.

Coupable, pas coupable ? Dans son nouveau très bon roman, Thomas H. Cook brouille les pistes tout le long du procès de Samuel Madison. Accusé d’avoir tué sa femme Sandrine, les apparences et sa personnalité plaident contre lui. Tous deux étaient professeurs dans un modeste collège du Sud. Le portrait de Samuel est chargé. Cynique, sociopathe, il a oublié en cours de vie d’être un homme bien et bon. Son grand roman est resté dans les cartons de sa jeunesse. Il se pose plutôt en snob intellectuel et dédaigneux. En revanche, Sandrine, férue d’Histoire antique, est aimée de ses étudiants. Elle ne s’est pas desséchée à l’ombre d’un grand dessein chimérique. Brillante, elle a choisi d’enseigner… presque simplement. Un jour, Sam trouve Sandrine décédée d’une combinaison mortelle de barbituriques et d’alcool. A-t-il tué sa femme atteinte d’une maladie dégénérative incurable ? S’est-elle suicidée ? A-t-elle mis en scène sa disparition pour se venger post-mortem de l’indifférence de son mari, de son infidélité ? L’histoire et la mémoire du couple et de sa vie sont deux thèmes récurrents et obsédants du roman. Une bougie, un livre sur la Méditerranée, un message obscur… Sandrine a semé des indices. Leur examen pendant le procès fonctionne comme un révélateur de l’âme humaine, presque comme une psychanalyse pour Sam. On suit ainsi le couple, de leur première rencontre à leur voyage dans le Sud de la France, jusqu’à leur vie actuelle. Disparue, Sandrine pousse Sam dans ses retranchements, dans ses errances, afin de le mettre « face à lui-même ». D’outre-tombe, elle tire les ficelles de la rédemption d’un homme. Son prénom dérive de celui d’Alexandre, qui signifie « présence qui protège les hommes ». Y aurait-il comme une éclaircie dans le royaume sombrissime de Thomas H. Cook ?

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