Dossier L’Espagne entre deux siècles de

  • Catalogue de l’exposition
  • RMN
  • 28/09/2011
  • 160 p., 35 €

Par Béatrice Putégnat, Librairie Pages après Pages, Paris 17e

Laissez-vous guider par le regard que porte l’écrivain Cees Nooteboom sur la peinture de Zurbaran, et entrez dans l’univers des peintres espagnols les plus méconnus à travers le catalogue L’Espagne entre deux siècles, de Zuloaga à Picasso.

Magnifique ! L’ouvrage que Cees Nooteboom, grand connaisseur de l’Espagne et admirateur du peintre, consacre à Zurbaran allie la qualité des reproductions à une véritable mise en perspective picturale. Outre les éclairages picturaux et historiques que fournit l’écrivain hollandais sur l’œuvre de Zurbaran, contemporain énigmatique et inspiré de Velasquez, il interroge notre faculté à voir et à comprendre ces christs crucifiés, ces saintes et ces pénitents « devenus pour nous presque des extraterrestres tant nous avons de peine à nous transporter dans l’univers mental et la pratique quotidienne de ces vies ». Mais son analyse et son puissant ressenti éveillent notre regard et le rendent apte à entrer dans ce monde de mysticisme, jusqu’à nous faire éprouver de façon presque tactile la toison d’un agneau ou l’étoffe de l’habit monastique, ou à nous montrer l’abstraction qui se manifeste dans certains plis et drapés.

Sol y sombra. Si les noms des grands peintres de l’âge d’or espagnol (Velasquez, Greco, Goya) sont sur toutes les lèvres, il semble qu’au-delà et jusqu’à l’arrivée de Picasso, l’Espagne ait traversé un désert créatif. Le catalogue de l’exposition présentée au musée de l’Orangerie et consacrée à cet entre-deux fait passer de l’ombre à la lumière les laissés-pour-compte de l’histoire de l’art. Loin de l’image d’Épinal véhiculée par Delacroix et Gautier et qualifiée de « costumbrismo », la peinture espagnole de la fin du XIXe siècle s’exprime par le biais de ses peintres exilés à Paris. Sorolla, représentant l’Espagne blanche, marche sur les traces de l’impressionnisme, même si cela « ne suffit pas à rendre compte de cette manière si généreuse de peindre et de faire sentir tout l’éclat de la lumière des bords de la Méditerranée. » L’Espagne noire s’ancre à l’inverse dans le réalisme et s’incarne dans les toiles de Zuloaga. Entre ces deux maîtres, d’autres peintres créent, exposent, interrogent leur hispanité tout en ouvrant la porte à un nouveau langage pictural.

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