Chronique Les Solitudes se ressemblent de Ahmed Kalouaz

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

Parce que « les solitudes se ressemblent et les hôtels aussi », une femme fait une pause là où elle fait d’ordinaire des ménages et se remémore son histoire. Fille de harkis, elle a connu dès l’enfance le camp de Saint-Maurice, dans le Gard, où furent parquées derrière les barbelés pendant plus de dix ans des familles entières. Un monde terrible, celui des « incasables », qui a marqué à jamais son destin. De son enfance singulière à son adolescence ponctuée de fugues et d’insoumissions fougueuses, la révolte fut son credo. Désormais adulte, elle se souvient des violences, des silences et tente de faire la paix avec elle-même, de se libérer des poids familiaux et de ceux de l’Histoire : « Je me suis souvent brûlé les yeux en fixant le vide, car l’histoire de mon père n’était écrite nulle part. Les héros, il faut se les fabriquer, les inventer avec leur grandeur et leurs victoires. Autrement, ils ne sont que des êtres promis à l’oubli. » Un oubli que la voix littéraire d’Ahmed Kalouaz ne cesse de combattre en poursuivant ici son travail poétique et remarquable de mémorialiste.

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