Chronique Je suis le genre de fille de Nathalie Kuperman

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

Nathalie Kuperman est le genre d’auteure dont le sens de la formule fait mouche pour conter avec humour « l’ultra moderne solitude » d’une femme « désespérément » ordinaire.

Divorcée, Juliette élève une ado en garde alternée. Célibataire, Juliette travaille, se nourrit mal, fume beaucoup, voit rarement ses amis. Régulièrement, elle fait un point sur ce qu’elle est. Désespérément normale, tendance névrosée ? Certes. Fort joyeusement ordinaire de surcroît. Juliette est le genre de fille qui, dans les lieux publics, retient les portes, le genre de fille qui, à la caisse d’un supermarché, cède sa place aux clients munis de peu d’articles, le genre de fille qui se jure de ne plus jamais réveillonner et qui, pour y parvenir, avertit ses amis deux mois avant. Le genre qui prend des « bonnes » résolutions mais ne les tient pas, qui veut dire « non » mais qui répond « d’accord », qui a des tocs, des tics, des obsessions grotesques et des gestes ridicules. Elle souffre de « tendre la perche » pour la reprendre en pleine figure. Et si sa force, c’était l’autodérision ? C’est le genre d’héroïne qui nous ressemble, à tous, forcément un peu. C’est le genre de roman précieux où l’humour apaise la douleur du quotidien comme celle de la blessure profonde. Une comédie fine sur l’ultra moderne solitude, le manque, la perte. S’il faut faire avec, faisons-le en riant.

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