Chronique Inhumaines de Philippe Claudel

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Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

En quatrième de couverture : « Nous sommes devenus des monstres. On pourrait s’en affliger. Mieux vaut en rire. » Philippe Claudel frappe fort sur le pire de notre société.

En exagérant le vrai pour en saisir l’atroce, Philippe Claudel offre un texte qui peut choquer les âmes sensibles et réfractaires à l’humour noir. « Hier matin, j’ai acheté trois hommes. Une tocade. C’est Noël. Ma femme n’aime pas les bijoux. Je ne sais jamais quoi lui offrir. (…) Pourquoi trois ? Un pour chaque orifice. Très drôle. Ma femme n’avait pas l’air très heureuse. » Ainsi débute le premier des vingt-cinq chapitres (quasiment des nouvelles) de ce roman de mœurs contemporaines. Inhumaines, quel adjectif à propos ! Ici, les personnages sont obsédés, cyniques, cruels, bêtes, etc., en famille, en amour, en amitié, au travail, partout, tout le temps. Trop de vieux, trop de pauvres, trop d’enfants : le râle est général. « Pas assez d’argent, de sexe, de pouvoir sur autrui », geignent-ils tous. La satire est efficace. Philippe Claudel adapte un style minimaliste au monde minable qu’il exhibe. Des phrases nominales et très peu d’adjectifs portent un même registre d’idées (sexualité et violence). Croquer ses contemporains de façon grotesque pour s’en moquer, en espérant contribuer à les alarmer, Philippe Claudel le fait sans doute sans grande illusion. Sa farce outrancière ne laisse pourtant pas indifférent.

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