Chronique Les Hommes meurent les femmes vieillissent de Isabelle Desesquelles

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

En un court roman, Isabelle Desesquelles donne la parole à dix femmes d’une même famille, qui fréquentent le même institut de beauté. Entre quatre murs, les langues de délient.

« Depuis vingt ans, Alice masse des femmes et leur prodigue des soins de beauté. Depuis vingt ans, elle a touché des milliers de corps. Autant de confidences, souvent silencieuses, de celles dont la peau dit beaucoup de l’âme. » C’est ainsi que la romancière débute une touchante déclinaison narrative de la féminité, à l’instar de l’esthéticienne qui rédige des fiches descriptives de ses clientes. Notamment une dizaine d’entre elles d’une même famille, mais de quatre générations différentes. Or, dans ce curieux « Éden », ce ne sont pas uniquement les corps mais aussi les âmes qui se livrent. Naissance, enfance, adolescence, grossesse, ménopause, vieillesse, etc., ses mises à nu scandent aussi leurs vies affectives, leurs interrogations, leurs regrets et espoirs. Sans compter qu’une absente hante chacune d’elles. Les atouts de ce court roman sont nombreux. Subversif ? Certainement, tant il dit sans fausse pudeur ce qu’est être une femme. Mordant ? Assurément, tant l’âpreté des relations humaines, entre les femmes, entre les générations, entre les sexes y est mise à jour frontalement. Mélancolique et féroce ? Pas seulement, car ce roman porté par une écriture sensible est aussi ponctué par l’humour et la joie.

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