Chronique Une part de ciel de Claudie Gallay

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

Le nouveau roman de Claudie Gallay ? Un bijou ! Dans une tonalité assez proche des Déferlantes (Babel, 2011), mais à la montagne et sous la neige, il ravira les zélateurs d’une des plus talentueuses romancières contemporaines de l’intime.

Début décembre, suite au message aussi énigmatique que fantasque de son père Curtil qu’elle n’a pas revu depuis des mois, Carole est de retour pour quelques semaines au sein de sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise. Sur le quai de la gare, point d’accueil paternel, mais son frère aîné et sa sœur cadette avec qui elle a un peu coupé les ponts et dont la complicité la met mal à l’aise. Philippe est garde-forestier et rêve de baliser un sentier de randonnée emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby vit dans un bungalow où elle élève une fille qui n’est pas la sienne et guette le retour de son homme qui purge une courte peine de prison. En quelques jours, Carole redécouvre le village où elle a grandi, renoue plus ou moins les liens avec les gens du coin, au bar ou à l’épicerie. Surtout, elle attend inlassablement des nouvelles du père qui n’en donne aucune. Pourtant, l’attente est pour chacun l’occasion de reprendre contact, de s’apprivoiser à nouveau, de se redécouvrir des années après le terrible incendie qui détruisit la maison de leur enfance. Chacun à sa façon vit cette attente contrainte, tel un processus lent et nécessaire de révélation. À soi comme aux autres. Car pour cette fratrie, revenir sur le passé et ses ombres, c’est faire la lumière sur le présent et éclairer, sans doute aussi, l’avenir de leurs relations. C’est découvrir petit à petit, à nouveau, des sentiments profonds et la tendresse fraternelle. Roman de l’attente et des regrets, mais aussi roman des possibles, ce livre célèbre le retour à soi et aux siens, le droit et la liberté pour chacun d’avoir sa « part de ciel ». Roman d’atmosphère au dénouement léger et cruel, il est aussi touchant que Les Déferlantes, aussi rugueux que L’Office des vivants (Babel, 2009), aussi sensible que Seule Venise (J’ai lu, 2013).

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