Chronique Scherbius (et moi) de Antoine Bello

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

Quand Maxime Le Verrier, psychiatre débutant, reçoit Scherbius, son premier patient, il entend bien soigner cet « imposteur à personnalités multiples ». En 1978, aux Éditions du Sens, il publie alors ses travaux sous le titre de Scherbius. Ce succès éditorial sera suivi (au gré des tribulations de chacun) d’autres versions, jusqu’à s’intituler Scherbius (et moi) dans une sixième et dernière édition en 2004. Si le médecin fait de Scherbius l’objet de son étude, il livre aussi son propre portrait, souvent grotesque. Avec malice, Antoine Bello se moque de son narrateur et taquine le lecteur. Scherbius (et moi) est un vrai terrain de jeux pour son personnage plein d’imagination. Imposteur et arnaqueur désarmant, c’est plutôt lui l’auteur du livre que le psychiatre écrit sur lui. Dans la mise en abyme de Scherbius (et moi), la fiction s’immisce dans la réalité (et vice versa) en une réjouissante mise en scène de l’écrivain, son sujet, le lecteur, l’édition, la psychiatrie, etc. Une construction intelligente, des récits troublants (où est la vérité ?), beaucoup d’humour (avec notes de bas de page et références à foison) : voilà une réflexion ludique et jubilatoire sur les pouvoirs de la littérature.

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