Entretien Transatlantic de Colum McCann

  • Colum McCann
  • Traduit de l’anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre
  • Belfond
  • 22/08/2013
  • 376 p., 22 €

Emmanuelle George Librairie Gwalarn (Lannion)

Après l’immense succès de Et que le vaste monde poursuive sa course folle (10/18, 2010), Colum McCann offre un roman ambitieux et magnifique, tant par l’ingéniosité de sa construction que par la puissance de ses personnages historiques ou fictifs. Entre l’Amérique et l’Irlande, du xixe siècle à nos jours, il bâtit un pont littéraire d’exception.

Transatlantic n’est ni tout à fait un roman sur l’Irlande, ni sur les États-Unis, mais un magnifique voyage littéraire au-delà des frontières et des époques. Ce sont trois voyages singuliers de l’Amérique vers l’Irlande que Colum McCann rappelle à notre mémoire collective. Celui de Frederick Douglass, ancien esclave et abolitionniste de renom, celui d’Alcock et Brown, deux aviateurs qui ont effectué le premier vol sans escale transatlantique en 1919, et celui du sénateur George Mitchell, émissaire américain au processus de paix irlandais en 1998. Ce qui cimente ces trois histoires d’hommes, ce sont des destins de femmes : celui de Lily, petite domestique qui fuit l’Irlande, la misère et la famine, et de ses descendantes. La construction est ingénieuse, le style métaphorique et saccadé irrésistible, la cadence envoûtante, que dire de plus, excepté : « So beautiful ! Just perfect ! »

 

Page — La construction de votre nouveau roman est très audacieuse et ingénieuse. Pourquoi et comment avoir fait ce choix narratif ?
Colum McCann — Je pense que les écrivains doivent toujours se laisser guider par leurs obsessions. Et une de mes obsessions, c’était que Frederick Douglass était allé en Irlande, comme esclave noir, en 1845 ; mais qu’il était aussi un auteur, un orateur, un intellectuel, un dandy, un abolitionniste, un humanitaire, un anticonformiste. Quelle histoire ! J’étais aussi obnubilé par l’idée d’écrire sur la paix et ce que cela pourrait vouloir dire de notre époque, ce qui faisait du sénateur George Mitchell, mandaté pour contribuer au processus de paix en Irlande, un sujet fascinant. Les aviateurs Alcock et Brown ont « atterri » entres ces récits, dans tous les sens du terme, puisque leur traversée transatlantique s’est effectuée en 1919, presque exactement entre 1845 et 1998. Ce sont les seuls récits que j’avais prévus. Ils semblaient se lier parfaitement. Ils sont entrelacés, du moins dans mon imagination. Ils se font écho. […]

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