Littérature française
Nicolas Deleau
Odyssée funambule
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Nicolas Deleau
Odyssée funambule
Actes Sud
26/08/2026
264 pages, 21 €
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Chronique de
Jean-Baptiste Hamelin
Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu) -
❤ Lu et conseillé par
7 libraire(s)
- Jean-Baptiste Hamelin de Le Carnet à spirales (Charlieu)
- Alexandra Villon de La Madeleine (Lyon)
- Charlotte Desmousseaux de La vie devant soi (Nantes)
- Charles-Henri Bradier de L'Écritoire (Semur-en-Auxois)
- Yassi Nasseri de Kimamori (Porto Vecchio)
- Blandine Delrot de La Bouillotte (Saint-Jean-en-Royans)
- Nadège Ménassier de La Distillerie (Pont L'Evêque)
✒ Jean-Baptiste Hamelin
(Librairie Le Carnet à spirales, Charlieu)
Voyageur infatigable, contemplateur averti du monde et de ses tourments, partageur généreux de ses connaissances, ivre d’espaces et écrivain libre, Nicolas Deleau signe, avec Odyssée funambule, un magistral voyage de trente ans.
Job débarque à Durban, cette pointe de l’Afrique, petit port de l’océan Indien, porte d’entrée d’un monde fantasmé, d’une quête chimérique sur les traces d’un amour entrevu. Job veut voyager seul. Pourtant il est bientôt rejoint par Rouslan, géant ukrainien, dévorant la vie tel un ogre insatiable. Ils seront ensuite rapidement pris en stop par Gabriel, personnage hallucinant, trafiquant affable, magouilleur invétéré, jouissant d’une aura fabuleuse, portant sur son épaule Madame, une mangouste au caractère bien trempée. Gabriel conduit son camion sans boussole, traversant des régions et des pays en proie à des luttes incessantes et à des guerres destructrices pour vendre aux vaincus et aux vainqueurs des armes, monnayant à vil prix son passage, offrant aux populations le mirage d’un possible confort. Un improbable et attachant trio, électrons libres d’un monde furieux. Nicolas Deleau évoque avec fougue ce continent instable, avec une philosophie quasi désenchantée. Il convoque des images marquantes, des scènes belles et simples, généreuses, émouvantes. Trente années de voyage conduisent Job du Congo au bord du Gange, d’Obock, ville littorale de Djibouti, à Odessa. Partout des rencontres, des temps lents, des replis éloignés du fracas du monde. Le temps s’écoule. Le monde s’écroule puis se reconstruit. Eux poursuivent, inlassablement, cette quête de beauté. La beauté encore, dans l’écrin d’un chapiteau où ces militaires buveurs et braillards se taisent, se replient en eux pour s’émouvoir devant le spectacle. Le monde est un triste cirque, un fâcheux bordel. Pourtant ces lignes habitées par une humanité profonde rassurent, nourrissent, rassérènent.