Chronique La Bascule du souffle de Herta Müller

  • Herta Müller
  • Traduit de l'allemand par Claire de Oliveira
  • Coll. «Coll. « Folio »»
  • Gallimard
  • 12/01/2012
  • 368 p., 6.95 €

Sous la plume d’Herta Müller, les camps de travail soviétiques de 1945 sont traversés par une poésie documentaire qui exalte la souffrance des déportés. Universel !

Roumanie, janvier 1945. Une page terrible de la Seconde Guerre mondiale est sur le point de s’écrire. Le gouvernement soviétique obtient de son homologue roumain la déportation de la population germanophone roumaine dans les camps de reconstruction de l’Union soviétique. Plus de 300 personnes, vaincues par la faim, le froid, la souffrance et harassées de travail succomberont dans ces camps de travaux forcés. Léopold, jeune homosexuel cultivé et sensible, est le narrateur de cette Bascule du souffle. Le personnage puisera dans son esprit la force de résister à un quotidien qui tient davantage du cauchemar que de la réalité. Recourant à la poésie et à des métaphores sublimes, il parvient à résister. C’est cette poésie impensable, presque déplacée, qui donne au roman la force d’un conte cruel dans lequel s’affrontent l’abomination bestiale et la beauté de l’esprit. Herta Müller, dont la mère passa cinq années dans les camps soviétiques, a recueilli avec patience le témoignage d’Oskar Pastior, victime des horreurs staliniennes. À sa mort, Herta Müller a poursuivi l’écriture du roman. Elle relève avec une admirable réussite le difficile pari d’associer œuvre romanesque et témoignage universel.

Par Jean-Baptiste Hamelin, Librairie Le Carnet à spirales, Charlieu

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