Chronique Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine

Abad a 13 ans. D’origine libanaise, il vit avec sa famille dans la rue Léon, quartier Barbès. Dans ce milieu de démerdes, de trafics en tous genres, il déambule, conservant cette part d’enfance, et régale par ses commentaires libres et imagés. Dans ce premier roman, Sofia Aouine trouve le ton juste pour faire parler Abad, cet adolescent bavard qui porte un regard sans concessions sur son quotidien, son quartier, sur la misère et la violence. La force de cette Rhapsodie des oubliés – quel titre superbe ! – réside dans cette liberté de ton, de narration, donnant un rythme soutenu, comme un rap balancé dans l’urgence de témoigner. Telles des respirations, les rencontres avec la « dame d'ouvrir dedans », sa psy, sont des bulles d’oxygène au cœur d’Abad. Sofia Aouine ne reste pas à la frontière de ce territoire, elle invite à y vivre totalement et le lecteur, tel un boxeur, finit dans les cordes, sonné.

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

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