Chronique Les Vaincus de Robert Gerwarth

  • Robert Gerwarth
  • Traduit de l’anglais par Aurélien Blanchard
  • Coll. «L’Univers historique»
  • Seuil
  • 14/09/2017
  • 476 p., 25 €
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Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

Essai fortement documenté, minutieux dans son déroulé, Les Vaincus apporte un regard différent sur les causes de la Seconde Guerre mondiale. Constructif, actuel et pertinent !

Tournant le dos à la théorie de George Mosse selon laquelle la Seconde Guerre mondiale est essentiellement la résultante de la violence et l’esprit de revanche né dans les tranchées, Robert Gerwarth propose un autre regard. En s’appuyant sur les travaux de chercheurs actuels, il propose de s’intéresser à la période allant de 1919 à 1923, dans l’est de notre continent. Ainsi, les conflits ethniques sont nombreux et extrêmement violents dans ce qu’il nomme « les fausses nations », ces territoires des dynasties multiséculaires devenus Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie… Les guerres civiles se poursuivent de Russie en Finlande, les violences urbaines se multiplient en Allemagne mais aussi à Budapest. Le traité de Paix est alors perçu comme un redécoupage volcanique incapable d’absorber ce multiculturalisme imposé. Un autre argument avancé par Les Vaincus est que l’économie libérale d’après-guerre attise les haines et les violences, excède les extrêmes – des bolcheviques aux fascistes – conduisant à la crise de 1929. Cet essai s’avère précieux pour appréhender notre Histoire actuelle, Gerwarth nous invitant à déplacer notre regard pour comprendre les maux du monde. Salvateur assurément.

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