Chronique Les Vies de papier de Rabih Alameddine

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

Incontestablement, Aaliya détonne dans le paysage social de Beyrouth. Cette vieille dame libanaise a en effet toujours farouchement défendu sa liberté d’esprit et affiché ses choix dans un pays où les femmes dépendent plus ou moins d’un père ou d’un frère. Mariée à un mari impuissant qu’elle n’aime pas, elle hérite très jeune de l’appartement qu’il lui laisse quand ils divorcent et défend corps et âme ce bien, garant de son autonomie, face à la convoitise de ses frères et à celle des milices pendant la guerre civile. Passionnée de littérature, employée dans une librairie, elle ne déroge jamais à son rite du nouvel an, accompli depuis des décennies, et qui consiste à traduire en arabe une œuvre d’un grand romancier, travail monumental que personne ne lira jamais. À travers l’histoire de cette femme singulière, émouvante dans les affres de la vieillesse, et ses pérégrinations dans la belle et troublante Beyrouth, Les Vies de papier est une véritable ode à la littérature.

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