Chronique La Mer et le Silence de Peter Cunningham

Par Jean-Baptiste Hamelin, Librairie Le Carnet à spirales, Charlieu

Cette mer et ce silence : le calme et la tempête. Cette mer qui se brisera sur les récifs battus par les vents violents est comme le destin d’Iz, jeune femme mystérieuse.

Tout en délicatesse, pouvant évoquer la littérature de Sébastien Barry, ce roman irlandais est une formidable évocation de la vie d’une jeune femme, Iz, et de son pays. Disparue, elle laisse à son notaire deux enveloppes où est consignée sa mémoire. La première enveloppe couvrira la période de 45 à 70, la seconde de 43 à 44. En 1945, Iz arrive à Sibrille au bras de son mari Ronnie Shaw pour découvrir le phare, sa nouvelle maison. Elle est éblouie par la beauté sauvage de cette côte et par l’omniprésence de la mer. Cette première partie s’intensifiera au fil des ans pour atteindre son sommet dramatique avec la mort d’Hector, leur fils. Nous comprendrons alors à la lecture de la seconde partie qu’un épais silence a drapé la vie d’Iz et que sa jeunesse de riche propriétaire anglo-irlandaise fût tiraillée entre bienséance et soif de liberté, entre propriété personnelle et libération collective d’un peuple affamé et soumis. Telle une frêle embarcation Iz est soumise à son époque malgré ses choix radicaux et aventureux. Une écriture en nuances d’une force descriptive étonnante d’où émane un léger parfum de nostalgie et le rendu de l’atmosphère irlandaise transcendent ce magnifique roman.

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