Chronique Moi contre les États-Unis d’Amérique de Paul Beatty

Coupable ou non coupable ? Je plaide humain, votre honneur. Humain, le héros l’est très certainement. La scène inaugurale, magnifique, montre celui-ci fumant de l’herbe devant la Cour suprême en attendant l’ouverture de son procès. Il a, simplement, tenté de rétablir l’esclavage dans sa maison et la ségrégation dans les rues de Dickens… L’humour black au paroxysme de l’intelligence, pour dénoncer avec force le puritanisme de la société. La satire est un instrument merveilleux entre les mains d’un écrivain aussi formidable que Paul Beatty. Tantôt blues, tantôt hip-hop, un rythme fort secoue le récit. Étayé par des références aux luttes contre la (les) médiocrité(s), ce nouveau roman de Beatty est tour à tour fiction et pamphlet, satire jubilatoire et débridée résolument politiquement incorrecte. Beatty dénonce l’outrageuse violence des rapports humains en frappant fort sur les codes qui régissent le « vivre ensemble » hypocrite, dans la lignée d’un Richard Wright. Paul Beatty, libre écrivain, homme libre, ne plaira pas à tout le monde et c’est tant mieux ! Je plaide LECTEUR.

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

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