Chronique Le Petit Joueur d’échecs de Yoko Ogawa

Ogawa occupe une place de reine sur l’échiquier littéraire tant son œuvre est singulière, toujours poétique, parfois miroir de la cruauté humaine, parfois douce comme dans ce nouveau roman.

De la rencontre improbable d’un enfant de sept ans, solitaire et sensible et d’un obèse gourmand et distingué reclus dans un autobus aménagé, naîtra une amitié forte. Ogawa a déjà exploré cette thématique de l’amitié non évidente au premier abord mais tellement belle et enrichissante. Pour les amateurs, nul besoin d’en rajouter... Quel plaisir de retrouver cette romancière et de déguster cette nouvelle gourmandise comme une fine friandise : au croquant initial et spontané se rajoutera ce goût incomparable qui restera longtemps ancré. Enfin à ceux, bienheureux, qui n’auraient jamais « croqué », offrez-vous une plage de liberté et de poésie. Découvrez ce petit garçon né avec des lèvres scellées qui réagiront au moindre souffle d’air, ce petit garçon ému de la vie d’une éléphante, publicité devenue encombrante d’un grand magasin, qui décédera sans avoir foulé la terre, ce petit garçon qui deviendra un extraordinaire joueur d’échecs. Il jouera à l’aveugle sans voir ni les pions, ni l’adversaire. Il jouera et gagnera car il saura développer la capacité incroyable de sentir les réactions adverses, les déplacements d’air. Ressentir au plus profond les sentiments. Là sera sa diagonale, non celle du fou, celle du sage.

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

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