Chronique Simple de Julie Estève

Antoine Orsini est le « baoul » du village, le simple, l’idiot, le pas fini. Il se raconte, narrateur attachant de ce court roman émouvant. Le « baoul » fit de la tôle, quinze ans, pour le meurtre de Florence, son amie, sa seule amie, son amour de gosse. Un drame pour celui qui aime la liberté, la nature somptueuse, car lui sait encore, dans l’innocence de sa différence,  la beauté des choses, cette poésie endormie dans un bouquet de fleurs. Tendre, le baoul l’est mais ses crises de violence, de désespoir sont énormes, incontrôlables. Le baoul parle, se confesse à sa chaise en plastique, cette chaise percée qui reçoit ses réflexions pertinentes sur les gens du village, sur la vie, la religion, la mort. On peut être baoul mais pas aveugle. Simple est un roman puissamment émouvant, cruellement réaliste, d’une écriture originale et inventive qui fait corps (et âme) avec son personnage singulier et pluriel. Une réussite.

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

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