Chronique De là, on voit la mer de Philippe Besson

Philippe Besson poursuit sa dissection de l’âme, en faisant du choix d’un amour extraconjugal celui de la liberté totale mais aussi de l’égoïsme assumé.

Louise est romancière. François est, depuis de longues années, son mari. Il l’est devenu sachant que Louise a choisi l’écriture au détriment d’une vie commune stable. Elle écrit, il subit. Elle part, lui reste. Dans une villa en Toscane, elle s’isole afin de terminer son nouveau roman. L’inattendu se présente à elle sous les traits d’un jeune homme. L’inattendu puisqu’elle n’avait jamais songé à tromper son mari, non par fidélité mais plutôt par manque d’envie. Soudain, tout bascule, elle s’oublie dans les bras de Luca et perd le contrôle, elle qui pourtant maîtrise toujours ses sentiments et ses actes. Elle n’éprouve alors aucune culpabilité, seulement le plaisir de s’abandonner. Tout pourrait s’arrêter là, une histoire de plus, mais Besson possède cette capacité à doter son récit d’une dimension dramatique supplémentaire. Laissons au lecteur le plaisir de la découvrir... Besson, une nouvelle fois, étonne par son analyse pertinente, son implacable regard sur la vie d’un couple et ses pensées sur le délitement des sentiments. Tout cela est finalement triste, triste comme la solitude, celle de l’écrivain peut-être ou la solitude d’un couple qui n’a plus rien à se dire, qui ne partage plus que de quotidiennes banalités et un morne confort.

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

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