Entretien Le Divan de Staline de Jean-Daniel Baltassat

Jean-Baptiste Hamelin Librairie Le Carnet à spirales (Charlieu)

Jean-Daniel Baltassat sonde, tel un écrivain freudien, un Staline allongé sur son divan aux prises avec sa mémoire, ses contradictions et sa folie. Le Petit Père des peuples se confie à sa maîtresse La Vodieva en se jouant de la vérité et en s’offrant parfois le luxe d’un semblant d’humanité… au milieu d’un règne fracassant d’inhumanité. Brillant !

Danilov, jeune peintre talentueux, est chargé d’asseoir l’aura de Staline en édifiant à sa gloire une œuvre monumentale. Il découvrira que servir Staline est aussi risqué que de se jeter dans la gueule du lion, aussi vieux soit le tyran. Dans un château géorgien aux allures de forteresse imprenable, Staline cultive ses roses en pantoufles et peignoir, boit avec délectation de fins nectars et entretient sans trêve sa sanglante paranoïa. Autour de lui, à son approche, à chacun de ses gestes, tout n’est que crainte, respect terrorisé et tremblement. Des cuisinières aux gradés, tous sont aux abois, bondissant de peur à chaque crise de colère, à chaque signe sous lequel transparaît l’ombre du désaveu. Comme s’il était un intime plongé au cœur de l’arène, Jean-Daniel Baltassat décrit un monde clos, un vaste pays aux seuls ordres du dictateur vieillissant. Il aime à doter son récit de petits détails sur la floraison du jardin, la couleur des rideaux, les goûts du maître, l’ameublement et les objets de ses appartements… qui contrastent avec l’extraordinaire violence de l’Histoire.

 

Page — Le personnage principal de votre roman, c’est Staline, mais peut-être pourriez-vous nous parler du contexte dans lequel se déroule le livre et dans quelles circonstances a émergé son projet.
Jean-Daniel Baltassat — Le roman se déroule en Géorgie, mais je crois qu’avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut revenir un peu en arrière. Étrangement, je dirais que c’est le livre le plus autobiographique qu’il m’ait jusqu’à présent été donné d’écrire – j’ai conscience de ce que mes propos peuvent avoir d’inattendu quand on s’attend à entendre parler d’un roman dont le principal personnage est Staline ; c’est pourtant bien la vérité. Le sujet du Divan de Staline résulte d’un engagement que j’avais pris vis-à-vis de moi-même d’écrire une sorte de portrait de l’ancien chef de l’URSS. Cet engagement, j’ai longtemps eu un mal fou à le tenir ; je n’y arrivais pas, l’inspiration ne venait pas, rien ne se déclenchait d’assez solide pour me lancer dans la rédaction d’un livre. […]

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