Chronique On n’y échappe pas de Boris Vian

Le 15 décembre 1950, Boris Vian a l’idée d’un roman « Série Noire ». Même s’il semble « étonné et légèrement admiratif » de la qualité de son nouveau pastiche de polar états-unien, il le laissera inachevé après seulement quatre chapitres. Certainement retrouvé dans les plis d’un suaire de chez Dior, l’OuLiPo s’est vu confié l’honneur, par les mandataires de l’auteur de J’irai cracher sur vos tombes et dont on fêtera ce 10 mars les 100 ans, de poursuivre et de terminer ce texte en sommeil depuis sept décennies. Burlesque, échevelé, américanophile, grave et drôle à la fois, à mi-chemin entre un Raymond Chandler et un Maurice Tillieux, on n’échappe pas à la truculence de ce récit poisseux. Son narrateur, Frank Bolton, vétéran de la guerre de Corée, s’y débat vainement dans un bain de sang, de clichés, de folie, de réminiscences et de déconvenues… dont on se réjouit honteusement ! Un bel hommage – jusque dans sa maquette – à Vernon Sullivan et un vrai cadeau.

François-Jean Goudeau I.U.T. de La Roche-sur-Yon

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