Chronique M Train de Patti Smith

  • Patti Smith
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
  • Gallimard
  • 01/04/2016
  • 260 p., 19.50 €

Écrire sur Patti Smith donne presque le vertige ! Artiste complète – chanteuse, poète et photographe –, elle est aussi un formidable écrivain. Une véritable icône de la contre-culture américaine.

En 2010, Patti Smith publiait Just Kids (disponible en Folio), un livre qui a marqué tous ceux qui l’ont lu. Dans cet ouvrage, elle revenait sur sa jeunesse dans le New York des années 1970 et nous faisait revivre sa relation tumultueuse avec le photographe Robert Mapplethorpe. Dans M Train, on découvre une Patti Smith plus sereine. En 1994, elle perd son mari, le musicien Fred « Sonic » Smith et vit désormais seule à New York. Tous les matins, elle se rend au ’Ino boire son café noir en prenant soin d’emporter son carnet. « Ce n’est pas si facile d’écrire sur rien », lui dit le cow-boy de son rêve. Cependant, Patti Smith réussit cet exploit avec brio. Elle « n’écrit sur rien »… et pourtant, elle dit tout : son deuil, ses aspirations, ses envies… Elle se souvient de ses voyages avec son mari ou en solo. Elle raconte la Casa Azul de Frida Kahlo, la tombe de Jean Genet au Maroc, et celle de Rimbaud. Si elle est une grande artiste, elle est aussi une grande lectrice, une amoureuse des livres et des écrivains. Murakami, Sebald, Bolaño, Burrough, sont ses idoles. En lisant Patti Smith, c’est tout une littérature que vous découvrez ou redécouvrez. Plus surprenant, Patti Smith est également une adepte des séries. Elle évoque souvent Les Experts ainsi que The Killing (attention si vous n’en connaissez pas encore la fin). Comme son titre le signifie, M Train est un voyage qui vous entraîne sur les pas d’une artiste fascinante. En dix-huit « stations », le lecteur erre avec elle parmi les méandres de son passé, mais aussi dans les rues de New York, sur la promenade de Rockaway Beach, au Japon ou à Berlin. On oscille entre rêves, méditations, souvenirs et projets, le tout illustré par des photographies en noir et blanc. Elle « n’écrit sur rien », et elle le fait avec un immense talent, digne des auteurs qu’elle admire tant.

Marie-Laure Turoche Librairie Coiffard (Nantes)

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