Chronique Le Bonheur conjugal de Tahar Ben Jelloun

Le Bonheur conjugal, titre ironique. Le roman se compose de deux parties. La première est la version de l’homme, intitulée « L’homme qui aimait trop les femmes », et la seconde est celle de sa femme. Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler le texte que l’épouse de Tolstoï avait rédigé en réponse à sa fameuse Sonate à Kreutzer. Le narrateur est un peintre marocain très célèbre qui se retrouve en convalescence à la suite d’un accident cérébral. Il se met à rédiger un journal intime racontant comment son couple est devenu peu à peu un enfer. Il n’est pas un modèle de vertu et avoue sans complexe un certain nombre de maîtresses. Pourtant, dans sa version, c’est son épouse qui apparaît comme cruelle, voire folle. Il n’y a qu’un pas entre l’amour et la haine, c’est bien connu. Tahar Ben Jelloun est un poète talentueux. Il le prouve à nouveau avec ce texte d’une grande beauté malgré la laideur des personnages. Il cite Nicolas de Chamfort : « Il faut que le cœur se brise ou se bronze. » À méditer…

 

MARIE-LAURE TUROCHE, Librairie L'Écriture, Vaucresson

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