Chronique Les Suprêmes de Edward Kelsey Moore

Il ne s’agit pas d’un roman sur le célèbre groupe de chanteuses ! Les Suprêmes, c’est le surnom que l’on donne à Odette, Clarice et Barbara Jean. Elles sont amies depuis plus de trente ans, pour le meilleur et pour le pire. Entre Desperate housewives et La Couleur des sentiments, tout un programme !

Dans une petite ville de l’Indiana, où la ségrégation n’est pas si loin, trois femmes afro-américaines et désormais quinquagénaires, sont liées par une amitié indéfectible. Odette, la boulotte à forte tête ne laisse jamais sa langue dans sa poche. Comme elle est née dans un sycomore, la légende veut qu’elle n’ait peur de rien. Par ailleurs, elle a hérité du don familial, elle communique avec des fantômes. Ainsi, des anciens amis, sa mère et même Eleanore Roosevelt viennent régulièrement lui rendre visite, nous régalant de leurs savoureux commentaires. Odette a la chance d’être très heureuse en mariage. Ce qui n’est pas le cas de Clarice. Son mari la trompe régulièrement, et comme sa mère avant elle, elle ferme les yeux. Elle se doit d’être toujours impeccable, elle ne se laisse jamais aller. Barbara Jean est une femme sublime. Elle est mariée à un homme plus âgé, riche et fou amoureux d’elle. Mais sa vie est une tragédie sans cesse renouvelée et c’est dans l’alcool qu’elle a trouvé refuge. Heureusement, ses deux anges gardiens veillent sur elle. Chaque dimanche, après la messe, elles se retrouvent dans leur restaurant en compagnie de leurs époux respectifs. C’est l’occasion de se gaver de poulet frit (enfin surtout pour Odette) et bien sûr, de faire des commérages comme toute femme digne de ce nom. Il faut dire que dans cette petite ville, il y a matière à critiquer. Véronica, la cousine de Clarice marie sa fille obèse à un délinquant notoire. Elle veut que ce mariage soit le plus spectaculaire possible et pour cela, elle ose toutes les extravagances. Minnie, la deuxième épouse du propriétaire du restaurant, récemment devenue veuve, a décrété qu’elle mourra aussi dans l’année. Il faut que je vous dise que Minnie est une grande voyante ! Elle est surtout l’attraction préférée de notre trio. Entre rire et larmes, ce roman nous plonge dans le quotidien de ces femmes mais aussi dans leur passé. On découvre les circonstances de leur amitié, comment Clarice et Odette ont sauvé Barbara Jean, leurs histoires d’amour, qu’elles soient belles, touchantes ou désespérées. Au fil des pages, on se prend véritablement d’affection pour ces suprêmes. On les voit grandir, évoluer, se redresser quand elles tombent ; on s’amuse et on souffre avec elles, on s’angoisse pour elles. Roman féminin, roman de femmes, certes, mais les personnages masculins sont aussi très attachants et certains finissent par nous surprendre. On parle souvent de ces livres qui font du bien, les fameux « feel good books », ce livre en fait incontestablement partie. Si le deuil, la maladie et la peine sont présents, on retient surtout l’humour incisif d’Odette, l’émancipation de Clarice et la passion de Barbara Jean. De plus, de nombreux passages sont réellement des scènes d’anthologie ! Le tout commenté par ce trio de choc et de charme qui ne manque jamais de répartie. Elles sont devenues mes meilleures copines. Venez vite faire leur connaissance, elles sont suprêmement géniales !

Marie-Laure Turoche Librairie L’Écriture (Vaucresson)

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