Chronique L'Œil du léopard de Henning Mankell

  • Henning Mankell
  • Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy
  • Coll. «Coll. « Cadre vert »»
  • Seuil
  • 27/09/2020
  • 352 p., 21.90 €

Publié en Suède en 1990, L’œil du Léopard raconte la quête d’Hans Olofson, un homme typiquement mankellien, emmuré dans sa solitude, qui part s’installer en Zambie espérant trouver un sens à son existence.

Le premier chapitre s’ouvre sur une scène montrant le narrateur en proie à des hallucinations dues à une crise de paludisme. On bascule tout de suite dans un climat de peur et de mystères. Qu’est-ce qui est réel ? Quelle est la part d’illusion ? Qui sont les méchants ? Ce premier chapitre pose des questions qui poursuivront le lecteur tout au long du livre. Une scène qui le plonge d’emblée dans l’esprit torturé de Hans Olofson. Années 1950, dans un village du Norrland (Suède), Hans grandit seul avec un père bûcheron et alcoolique. Son meilleur ami est le fils d’un juge qui vit dans la belle demeure voisine. Sture et Hans, malgré leurs différences de milieu et de caractère, sont inséparables. Bientôt, ils vont former un trio ambigu avec celle que l’on surnomme la « Femme sans nez » , Janine de son prénom. Elle devient une sorte de guide intellectuel et spirituel pour les deux garçons. Un jour, Sture fait une terrible chute dont Hans est indirectement responsable. Son ami se retrouve paralysé et quitte le village. Plus tard, Hans part faire des études à Stockholm. Pas vraiment motivé et se cherchant un rêve, il décide de réaliser celui de Janine qui vient de périr noyée. Elle souhaitait suivre les traces d’un missionnaire suédois parti pour le fin fond de la Zambie. Terrorisé par la violence du pays et de ses habitants, Hans manque cent fois de repartir. Pourtant, il restera dans cette nouvelle république pendant dix-huit ans. Embrassant la carrière de régisseur de ferme, il refuse de se comporter comme les Blancs racistes et tyranniques, et met en place des réformes sociales. Seulement, la haîne est tenace… Dans ce roman, la tension psychologique est réellement palpable. On ressent la peur et la paranoïa à chaque page. La corruption et l’hypocrisie sont quotidiennes, des Blancs se font assassiner et des jeunes filles noires sont abusées par de riches Européens. Le mal est partout et pas que d’un seul côté – pas de manichéisme dans ces pages. À nouveau, Mankell sonde l’âme humaine et l’âme d’un continent dont il s’est épris il y a longtemps déjà, l’Afrique.

Marie-Laure Turoche Librairie L’Écriture, Vaucresson

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