Chronique Tout cru de Arnon Grunberg

  • Arnon Grunberg
  • Traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Isabelle Rosselin et Philippe Noble
  • Coll. «NULL»
  • Actes Sud
  • 02/09/2015
  • 512 p., 24 €
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L’œuvre de Grunberg est aussi féroce que dérangeante. Il l’avait déjà prouvé l’année dernière avec L’Homme sans maladie (Héloïse d’Ormesson), il réitère aujourd’hui avec Tout cru.

Roland est un économiste de renommée internationale. Il est aussi très centré sur lui-même, n’hésitant pas à prôner un « individualisme radical ». Or, c’est justement en se montrant froid et distant que l’on attire les femmes. Et parce qu’il est trop poli, il ne sait pas comment leur résister. C’est ainsi qu’il se retrouve coincé entre une ex-femme, une petite amie et une maîtresse ! Du coup, difficile de trouver du temps pour son travail, unique intérêt de son existence. Puis vient LA rencontre, celle qui va bouleverser cet homme que rien ne semblait affecter. Elle s’appelle Gweenie, elle est sexy et très joueuse. Entre les États-Unis et les Pays-Bas, Arnon Grunberg nous décrit une société ô combien actuelle, déviante et corrompue. Les personnages que l’on rencontre sont assez antipathiques, voire ignobles, au moins pour l’un d’entre eux. La manipulation tient une grande place dans ce roman, ce qui le rend fascinant. Car c’est là toute la force d’Arnon Grunberg, il réussit à rendre son lecteur accro. Impossible de se détacher de ce livre qui, pourtant, est d’un cynisme incroyable ! On ressort de cette histoire vidé et épuisé. Arnon Grunberg est sans conteste un écrivain de grand talent.

Marie-Laure Turoche Librairie Coiffard (Nantes)

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