Chronique O Solitude de Catherine Millot

La solitude est généralement considérée comme un sentiment négatif. Or, dans ce très beau texte, Catherine Millot démontre que savoir être seul relève de l’ordre du sacré.

Ni roman, ni essai littéraire ou philosophique. Il s’agit surtout de tenter de comprendre notre rapport à soi et notre rapport à l’autre. Pour évoquer la solitude, Catherine Millot se fonde sur sa propre vie sentimentale, et convoque artistes et intellectuels. Au fil des pages et des paysages, on voyage en compagnie des mots et pensées de Proust, Lacan, Barthes, Poe, et même l’ornithologue Hudson. La narratrice semble avoir trouvé une certaine harmonie dans la solitude, mais elle ne l’a acquise qu’au terme d’un long et profond combat. C’est dans la toute petite enfance que l’on éprouve d’abord ce bien-être intérieur. Puis on apprend à se lier avec les autres, et par conséquent, on connaît aussi l’abandon. C’est à ce moment-là que la solitude se fait violente. Mais si dans l’amour, on s’aliène, dans la solitude, on se retrouve. Finalement, passer par ces deux phases est un mal nécessaire, voire vital. Tout est question d’équilibre. C’est dans la littérature que notre narratrice, ainsi que Poe et Barthes, ont réussi à trouver cette harmonie. Pour créer, l’isolement est essentiel, cependant que les liens avec autrui le sont tout autant : « La solitude rêvée est une solitude entourée, comme une île est entourée d’eau. »

TUROCHE MARIE-LAURE, Librairie L'ÉCRITURE, Vaucresson

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