Chronique Tout ça pour quoi de Lionel Shriver

  • Lionel Shriver
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michèle Lévy-Bram
  • Belfond
  • 12/01/2012
  • 540 p., 23 €

Décidément, Lionel Shriver a le chic pour écrire des histoires choc. Dans Tout ça pour quoi, elle choisit de s’attaquer à deux sujets tabous : la maladie et l’argent, ou combien coûte une vie ?

Tout ça pour quoi est un véritable roman social du xxie siècle. Il raconte les pays riches face aux pays pauvres, les aberrations du capitalisme et de son système de santé, sans oublier le mariage, les enfants, les amis, l’amour et la mort. Et dans ce monde en désordre, comment réussir à trouver le bonheur ? Shep a un rêve depuis toujours : tout quitter pour s’installer en Afrique. Il a trouvé son paradis sur l’île de Pemba, dans l’archipel de Zanzibar. Personne dans son entourage ne le prend au sérieux, jusqu’au jour où il revend sa boîte à l’un de ses employés devenu riche grâce à un héritage. Avec cet argent, il achète trois billets pour son épouse, son fils et lui. Et qu’ils le suivent ou pas, Shep partira. Mais sa femme, Glynis, met un terme à ce doux projet : elle est atteinte d’un cancer. Dès lors, Shep doit travailler dans son ancienne entreprise… sous les ordres de son ex-employé qui se fait un plaisir de le rabaisser sans cesse. Pourtant, Shep tient bon ; pour sa femme. Sans boulot, pas de mutuelle, alors il s’accroche. Sauf que ça ne suffit pas, il faut rajouter, emprunter encore pour chaque nouvelle chimio. Ce n’est pas une histoire larmoyante, ce serait mal connaître Lionel Shriver. Et ne vous attendez pas à ce que la femme de son héros reste digne dans la maladie : Glynis n’est pas très sympathique. Shep est un idéaliste, mais c’est surtout une bonne poire qui, en effet, n’a pas sa place dans un pays tel que les États-Unis. Et puis il y a l’autre famille, Carol et Jackson, avec leur fille Flicka atteinte d’une maladie dégénérative. Cette dernière est la seule avec qui Glynis réussit à s’entendre, car elles sont aussi cyniques l’une que l’autre. Jackson est le meilleur ami de Shep. Il passe son temps à élaborer des titres de livres sur la société qui les manipule. Mais derrière ses grandes théories, Jackson est atteint d’un mal beaucoup plus terre à terre… Face à la maladie et la mort, l’argent prend toujours le dessus. Conclusion navrante, c’est vrai, mais il reste une sortie de secours : Pemba.

Marie-Laure Turoche Librairie L’Écriture, Vaucresson

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