Chronique Retour à Watersbridge de James Scott

  • James Scott
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Maillet
  • Coll. «Coll. « Seuil policiers »»
  • Seuil
  • 05/02/2015
  • 400 p., 21.50 €

« Une pécheresse, voilà ce qu’elle était. » Cette phrase, la première du livre, va entraîner toutes les autres, tel un bloc de glace poussant devant lui la vie des personnages. Ce roman est un western où il sera question de sang, mêlé et volé.

Alors que sa famille vient d’être assassinée, Helspeth rentre dans sa ferme. Nous sommes en 1897. C’est l’hiver, la neige et la glace envahissent tout. Le seul de ses enfants survivants, Caleb, croyant assister au retour des tueurs, décharge sur lui sa carabine. Le ton est donné. Voilà un roman où le givre paralyse les mains, accable les esprits, tord les bouches et réclame vengeance. Caleb et Helspeth se lancent sur la trace des tueurs, reviennent vers Watersbridge, là où tout a commencé il y a douze ans, à la naissance de Caleb. Elle sait qu’il lui est impossible de lui avouer ce qui est arrivé dans cette petite ville, elle sait qu’elle va remettre les pieds dans les ornières de son passé, elle sait qu’elle ne peut y échapper, car si Caleb est le seul rescapé de la tragédie, peut-être est-ce parce qu’il faudra qu’elle finisse par payer son écot. Elle se travestit, porte les blocs de glace, boit comme un homme, devient un homme pour se fondre dans le paysage. Caleb travaille au bordel, passe le balai, tente de savoir qui sont ces trois bandits au foulard rouge qui ont exécuté son père, ses frères et sœurs. Mais quand l’étau se resserre, quand les ressemblances finissent par apparaître au grand jour, Caleb et Helspeth n’ont plus le choix, sinon celui d’aller jusqu’au bout du chemin, là où les armes sont parfois trop lourdes à porter. Dans ce roman hypnotique, James Scott nous entraîne dans un hiver où chaque pas dans la neige est un assaut vers la vie, une tentative désespérée d’aller juste un peu plus loin, là où il sera temps d’ouvrir le battant de la porte, de caresser la détente usée du fusil, de tenter d’oublier qu’il n’existe qu’une mère, celle qui vous a aimé. Jusqu’au bout...

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

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