Chronique Écrire le désir de Édition établie par Julia Bracher

Cette femme qui sous la couverture tient son sein gauche, comme une offrande, donne au désir féminin la place qu’il n’aurait jamais dû quitter, alors que l’homme contrit cherche à se cacher dans les mots qu’elles disent, qu’elles écrivent mais qu’elles peinent à faire exister, car il ne faut rien dire, tout cela est tabou, tout cela est péché. Ce désir, qui ne peut être que caché à l’origine, elles seront nombreuses à le dévoiler en ouvrant les pans de leurs robes, en donnant à voir tous leurs secrets et en écrivant les jouissances qu’elles désirent. De Céleste Mogador qui, en 1854, faisait ses adieux au monde, d’Anaïs Nin nous parlant d’Henry Miller comme un homme qu’elle n’était pas, jusqu’à l’affamée Violette Leduc, c’est cette violence sourde du désir nié pendant des siècles, ces mots qui viennent arracher l’évidence qu’il n’y a pas deux mondes étrangers qui ne se croisent que sous les draps. Le désir se partage, l’envie est double, les mains se perdent… Rien d’autre, l’amour peut-être…

Jean-François Delapré Librairie Saint-Christophe (Lesneven)

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